Le Point.fr - Publié le 18/09/2012 à 09:40

Une nouvelle étude fait le point sur cette pratique jugée bénéfique autant pour l'enfant que pour la mère.

L'allaitement est plus fréquent chez les femmes qui ont suivi des cours de préparation à l'accouchement et qui ont été très vite en contact direct peau à peau avec leur enfant.

L'allaitement est plus fréquent chez les femmes qui ont suivi des cours de préparation à l'accouchement et qui ont été très vite en contact direct peau à peau avec leur enfant. © GILE MICHEL / SIPA

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C'est une question que toutes les mères se posent, trouvant souvent la réponse une fois leur enfant né : doit-on allaiter ? Depuis quelques années "la tendance" semble être à l'allaitement. Une étude Épifane (Épidémiologie en France de l'alimentation et de l'état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie) vient apporter des données plus précises.

Publiée mardi matin par Bulletin épidémiologique hebdomadaire, elle montre que les femmes de niveau d'études inférieur ou égal au baccalauréat allaitent moins souvent leur enfant à la naissance que celles de niveau supérieur. Et l'écart s'amplifie pour les nourrissons âgés d'un mois. Les femmes nées à l'étranger allaitent plus souvent et plus longtemps que celles nées en France. Les baisses relatives du taux d'allaitement les plus importantes sont observées chez les mères ayant fumé pendant la grossesse, chez celles de 18-24 ans et lors d'une naissance multiple. Par ailleurs, les mères ayant accouché par césarienne donnent moins souvent le sein que celles ayant accouché par voie basse et elles ont davantage tendance à arrêter l'allaitement maternel au cours du premier mois. Enfin, les femmes dont le conjoint a une perception négative de cet acte donnent peu le sein (28,7 % à la maternité et 20,4 % à 1 mois).

Bénéfique pour la mère et l'enfant

Entre le 16 janvier et le 5 avril 2012, 136 maternités ont participé à l'étude. Au total, les analyses ont porté sur 2 936 mères ayant rempli un questionnaire à la maternité et un mois plus tard. Selon les auteurs, les participantes étaient plus souvent en couple et employées à temps plein avant leur grossesse que lors de la même étude réalisée en 2010. À la maternité, le taux d'initiation de l'allaitement maternel était de 69,1 %. Près d'une mère sur six nourrissait son enfant exclusivement au sein et une sur dix pratiquait un allaitement mixte associant lait maternel et formules lactées. À l'âge d'un mois, l'allaitement maternel concernait 54,4 % des enfants : 35,4 % de manière exclusive et 19 % en allaitement mixte.

Et pourtant, notent les auteurs, malgré l'amélioration de la qualité nutritionnelle des formules lactées du commerce, il est prouvé que le lait maternel est plus bénéfique à la santé de l'enfant, notamment pour la prévention des allergies et des infections gastro-intestinales, respiratoires et oto-rhino-laryngologiques. Cette pratique favoriserait le développement intellectuel des enfants et réduirait les risques de diabète et d'obésité. Concernant les mères, l'allaitement facilite les suites de couches, avec un moindre risque d'infections et d'hémorragies du post-partum, protégeant ainsi les femmes contre les carences en fer. Son effet protecteur sur le risque de cancer du sein a été jugé suffisamment convaincant pour que la pratique de l'allaitement maternel fasse partie des recommandations de prévention des cancers au niveau international. En revanche, la prévention du cancer ovarien doit être confirmée. Cependant, pour les femmes ne pouvant pas ou ne souhaitant pas allaiter, l'utilisation des formules lactées reste, dans un pays développé comme la France, une alternative tout à fait acceptable pour la santé des enfants, notent les auteurs de cette étude.

 

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