La femme africaine : bête de somme... ou superwomen

Sylvie Brunel

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Les femmes africaines n'ont pas la partie facile : pourtant elles représentent, par leur travail acharné et leurs modes d'organisation astucieux, les premiers agents économiques et sociaux du continent noir.

Il vaut mieux naître femme en Afrique qu'en Asie. Cette affirmation peut surprendre de prime abord lorsque l'on a présente à l'esprit la formule employée par des générations de géographes, à commencer par le grand tropicaliste Pierre Gourou : « La femme est la bête de somme de l'Afrique. » Cette affirmation est toujours vraie. Mais aujourd'hui, ce sont les femmes qui, concrètement, tiennent les leviers de commande du continent. C'est tout le paradoxe du statut de la femme en Afrique.

Il est désormais établi que naître femme dans une grande partie de l'Asie est une malédiction : en Inde, la femme souffre de discriminations à tous les âges de la vie... lorsqu'elle a la chance de pouvoir grandir. Indiens et Chinois suppriment en effet à la naissance une partie de leurs petites filles car ils savent qu'ils devront acquitter une lourde dot pour pouvoir la marier et qu'elle quittera le foyer familial pour se mettre au service exclusif de ses beaux-parents. Avoir une fille revient à « arroser le jardin du voisin ». La discrimination hommes-femmes explique qu'il y ait un excédent d'environ 60 millions d'hommes dans les deux seuls pays-continents que sont la Chine et ...