Une pléthore de candidats, une armée électorale. 

Je vous l’avais dit que si vous voulez des élections, on vous les offrira sur un plat en or. D’ailleurs à croire au gouvernement, à l’opposition guinéenne et à la « communauté internationale », la voie des urnes, est la «seule voie » pour faire sortir la Guinée de ce merdier ou de cette galère (appelez-le comme vous le voulez), chers Guinéens.

 

Nous entendons actuellement que les élections du 27 juin seront les seules vraies et transparentes depuis 1958. Est-ce à tort ou à raison ? Levez les yeux, contemplez-les comme ils sont fin prêts : 24 candidats ou 24 athlètes. On dirait Une équipe de football, un troupeau ; non que dis-je ; une Armée électorale ; pardon ! Excusez-moi, Mon General. Mais soyons lucides. 24 candidats pour quoi faire? Dites-moi un peu : Dans quel pays d’Afrique a-t-on déjà vu 24 candidats pour un seul fauteuil présidentiel ? Si nous Guinéens, nous donnons l’occasion aux autres pays pour se moquer de nous, ils ne passeront pas par quatre chemins. Que reflète la démocratie guinéenne en présentant 24 candidats aux élections de 27 juin ? Tout le monde veut devenir président de la république. Des maintenant nous n’allons plus seulement exporter la bauxite, le diamant, le pétrole, mais aussi, des candidats aux élections dans les autres pays d’Afrique et a l’extérieur de l’Afrique, surtout en Europe et aux USA, où ils ont toujours deux ou trois candidats. Qui diable, a pousse cette Commission Electorale Nationale Indépendante à disqualifier la candidature de certaines personnes ? Sinon chaque famille guinéenne allait avoir son candidat et si chaque famille vote pour son candidat, quelle belle leçon de démocratie donnons-nous aux autres pays ? Avec 24 candidats, la démocratie guinéenne a du pain sur la planche.


Face à la pléthore de candidatures, je me pose des questions. Se présente-t-on vraiment dans l’intention de remporter la victoire ? Bien chers vaillants compatriotes candidats aux élections, individuellement pris, avec tout le respect que je vous dois, dites-moi la vérité entre nous. Pourquoi certains doivent-ils se présenter comme candidats rien que pour figurer sur la liste ou bien pour négocier des postes ministériels en soutenant certainement l’un des candidats au second tour ? Sinon dans quel but se présente-t-on même si l’on est sur de ne pas gagner les élections ? Il y a toujours des gens prêts à contester les résultats des élections. Qui va encore contester les résultats ? Cette fois, il semble que le vote sera transparent. Cependant, il faut reconnaitre que ces élections ont été préparées dans la précipitation, qu’on se dise la vérité. On sait bien que le recensement n’a pas été très bien fait, et que dans certaines localités et aussi pour les Guinéens de l’extérieur, on n’a même pas vu les visages des agents recenseurs. Moi-même qui vous parle, je n’ai pas été recensé, parce que les recenseurs et notre l’ambassadeur avaient choisi seulement quelques états des USA pour recenser les Guinéens. Quels ont été les critères de ce choix ? On n’en sait rien. Et puis, si un Guinéen, des Guinéens, des centaines, des milliers et des millions de Guinéens ne votent pas le 27 juin prochain, pourvu que ce président soit enfin élu. Oui mes frères, la Guinée est une terre bénie parce que nous aurons un nouveau président dans trois semaines. On le connait déjà, c’est l’un des 24 candidats. Ainsi, cette communauté internationale sera enfin en paix et que dire du peuple Guinéen.


Une chose importante à ne pas oublier, chers Guinéens. 4. 224 272 Guinéens ont été recenses au total, 100 % victoire. CONAKRY : 927 701 soit 21,96 % ; N'ZEREKORE : 634 375 soit 15,02 % ; KANKAN: 585 375 soit 13,87 % ; KINDIA: 545 133 soit 12,90 % ; BOKE: 496 778 soit 9, 39 % ; LABE : 378 981 soit 8, 97 % ; MAMOU : 354 187 soit 8, 38 % ; FARANAH : 348 092 soit 8,24 % ; ETRANGERS : 53083 soit 1,26 %. Ce sont simplement des données, mais ca dit beaucoup de choses sur la décision des urnes du 27 juin. Comprenez alors que beaucoup de jeunes qui s’agitent ou qui vont agresser les militants d’autres partis, parce qu’ils battent campagne pour un candidat, ne voteront même pas le 27 juin a Conakry. C’est étonnant qu’a Conakry, on a même pas recense 1 million de Guinéens. LABE, MAMOU et FARANAH ont brillé par leur abstention pour se faire recenser. A moins qu’on nous dise que le recensement n’a été que de très courte durée dans ces gouvernorats. La conséquence, s’il faut en tirer, c’est que les candidats qui pensent compter sur ces endroits comme leur fief pour se faire élire, qu’ils s’apprêtent à accepter en toute humilité leur échec et adieux les 400 millions de francs. Par contre N’ZEREKORE semble être le lieu privilégié ou il faut faire la cour aux électeurs puisqu’elle seule fait 15,02 %, venant ainsi après CONAKRY. Que dire maintenant de Conakry ? Probablement, la plupart des candidats semblent ou se disent avoir suffisamment de militants dans la capitale. Supposons que cela soit vrai, mais la capitale ne représente que 21,96 % d’électeurs. Avec assez de charité envers nos candidats, si nous divisons 21,96 % par 24, aucun candidat ne peux avoir même 1% de l’électorat a CONAKRY. Si quelqu’un compte sur une seule région ou une seule ethnie pour se faire élire, c’est qu’il fait fausse route et nous devons le ramener a la raison. Il faut grignoter partout sans oublier aucune ethnie et aucune région, si on veut tirer son épingle du jeu. C’est dire aussi que la véritable élection, eu égard aux statistiques liées a la liste électorale, n’aura lieu qu’au second tour, lorsqu’on aura éliminé les candidats figures et trouble-fêtes, afin que les choses sérieuses aient lieu. Je ne suis pas un prophète de malheur, je ne veux pas dire que certains candidats n’auront même pas 5% de suffrage. Dieu merci, car les 400 millions de caution sont tombés, et si au moins 10 candidats n’ont pas 5% de suffrage alors la caisse de l’état va se frotter les mains et le nouveau président peut au moins les utiliser pour son investiture ou bien pour l’organisation des législatives ou encore pour payer les fonctionnaires (positive mind). Si des gens veulent faire des acrobaties pour leurs candidats, qu’ils le fassent maintenant. Toutefois, leurs agitations s’arrêteront devant les urnes.


Alors, des militants qui font campagne pour leur leader avec un élan de violence suivi d’affrontements avec des militants d’autres partis, je me demande quelle paix ce genre de leader, une fois élu, va promouvoir. Gagner par tous les moyens, si tel est le désir de certains, prenez garde Guinéens, c’est un signe avant coureur qui montre que certains politiciens se sont présentés aux élections parce qu’ils voient le palais présidentiel comme un tresor perdu au milieu du peuple aveugle. Il faut donc s’en emparer, voire vendre même son âme pour l’avoir. Et sans vergogne, sans morale, ou bien si vous le voulez, sans crainte de Dieu, on veut le pouvoir a tout prix. Pour certains politiciens guinéens, mieux vaut dormir au palais présidentiel même si c’est pour une nuit seulement. Il faut gouter au paradis, au pouvoir et au luxe avant de mourir. D’ailleurs quel croyant est sure et certain de mériter « le paradis » de « Dieu ».


Nous supposons que le matériel électoral est entrain de se déployer comme ca se doit. Sinon, les gens qui s’agitent de gauche à droite, faisant soit disant campagne électorale, seront surpris de voir que dans certains bureaux de vote il manque des urnes ou bien d’enveloppes, ou encore de bulletins de votes. Et si cela était effectivement le cas, à quels maitres irez-vous vous plaindre au soir du 27 juin. Faites vite d’ailleurs que ce 27 juin arrive et qu’on en finisse. 
Qui a demande à voir les discours programmes de tel ou tel candidat avant d’adhérer a son parti ou bien de décider de voter pour lui le 27 juin ? Vous me répondrez personne. Cela signifie donc que la ou nous avons le pouvoir et le devoir d’agir dans la direction de la démocratie, nous nous résignons et passons à cote. Nous avons la responsabilité de voter le président qui dirigera la destinée de la Guinée pendant les cinq prochaines années. Si nous votons un vieillard comme président, attendons-nous à ce qu’il passe la plupart de son temps soit à se soigner ou bien à se reposer au lieu de travailler. Si nous choisissons un voleur comme président, imaginons ce qui va se passer. S’il était capable de voler 15 millions de dollars ou 17 millions d’Euros pendant qu’il était ministre, combien de fois et avec quelle faciliter aura-t-il la malléabilité de confondre la caisse de l’Etat (le trésor public) avec son argent de poche. Si nous choisissons un caméléon, un homme qui n’est qu’une marionnette de la France, il aura toujours les mots pour nous convaincre et nous annoncer d’immenses projets, mais le pays sera a la merci des grandes puissances, et la seule chose qui nous surprendra sera que les choses n’avancent pas visiblement en notre faveur. Retenons ceci : La démocratie, en Guinée, deviendra ce que nous en faisons aujourd’hui. La destinée démocratique de la Guinée sera entre nos mains dans une enveloppe, seul devant notre conscience et dans l’isoloir.


Fassou Bienvenu LOUA
fbloua@yahoo.fr
Berkeley, California, USA